• Yann Cabello

Photographie de concert

Mis à jour : 31 oct. 2019

Photographe de concert à Clermont-Ferrand, ma prestation ici.


Une discipline exigeante

La photographie de concert, même si elle n'est pas aussi populaire que la photographie de chatons ou de modèles dénudés dans un champs de coquelicots, n'en demeure pas moins une activité très formatrice (la plus formatrice à mon sens) en ce qui concerne la technique photographique et l'apprentissage de la lumière ; en effet, si photographier c'est écrire avec la lumière, la photographie de concert est l'occasion d'en saisir toute la complexité :

- (très) faible intensité lumineuse ;

- lumière changeante chaque dixième de seconde ;

- absence de lumière homogène, lumière ultra-contrastée, dominantes multiples ;

- sujet en mouvement avec peu de lumière, en contre-jour ;

- pièges en tout genre pour la cellule de mesure du reflex (fond noir, sujet sous des spots...)


Mais ce n'est pas tout, on retrouve sur une scène tous les éléments, en ce qui concerne la lumière, avec lesquels on compose en photographie de studio : backlight, rimlight, lumière de remplissage, keylight... rapport de contrastes, etc.

Photographie de concert Clermont-Ferrand Auvergne 63

La photographie de concert est une activité qui permet de poser fermement les jalons techniques de n'importe quelle autre discipline photographique (je ne pense pas que la réciproque soit vraie) et d'apprendre à pousser son reflex (et la connaissance que l'on en a) dans ses dernières ressources.


Approches

Il n'est pas vraiment facile de tenter de caractériser la photographie de concert étant donné qu'il existe plusieurs façons de l'aborder.


1. En général, lorsque l'on commence cette activité, on se concentre sur le portrait, c'est effectivement ce qu'il y a de moins complexe techniquement parlant : on se met en mode sniper, on attend la belle lumière (de plus en plus rare de nos jours) et la belle expression qui fera du like. Tout le monde peut s'en sortir à ce niveau, la scène étant un véritable vivier d'expressions (quoique... c'est de moins en moins vrai avec des musiciens qui jouent de dos, oublient totalement leur public ou investissent la scène de façon soporifique).


J'appelle cette étape, l'étape "like"; en effet, il n'est pas nécessaire d'être ultra compétent à ce niveau mais l'effet sur les réseaux sociaux est radical, on passe très vite pour un professionnel à l'oeil affûté avec ce genre de photos. Et pourtant, elles ne témoignent pas vraiment de la singularité de la scène, on pourrait tout aussi bien saisir la même expression n'importe où ailleurs. On peut donc penser légitimement que la photographie de concert est loin de se résumer au portrait.


Attention, le portrait de concert est une fin en soi, mais au final, il y a très peu de photographes (généralement ceux qui ont dédié une partie de leur vie) capables de faire du portrait de concert, à savoir, faire un portrait tout en saisissant la singularité de la scène, et là, nous sommes très très loin du stéréotype sourire à pleines dents (bien que pour Chantal Goya, le sourire fonctionne bien).


2. Au niveau suivant, je mettrai l'esthétisme ; composer avec de belles lumières... bref chercher le beau. Ca aussi, ça fait du like, même si bien souvent, ces photos sont loin de décrire la singularité de la musique, de la scène. Personnellement, je m'en remets à ce registre lorsqu'il ne se passe rien sur scène : musiciens statiques et expressifs comme des yuccas.


3. Ensuite, on s'intéresse au mouvement, aux différentes façons de le saisir (action figée, partiellement figée, ou flou de mouvement volontaire) dans les conditions particulièrement difficiles de la scène (il n'est pas rare de pousser la sensibilité à 25600 ISO). Techniquement, on passe ici un gros cap, on abandonne aussi généralement les modes semi-automatiques pour ne plus laisser au reflex, le "choix" de la profondeur de champ ou de la façon dont sera géré le mouvement. C'est l'étape de la photo "waou". On peut rester dans ce registre tout une vie, pour peu que l'on puisse aussi choisir des scènes exclusivement dynamiques.


4. L'étape suivante, qui talonne vraiment la précédente, lorsque l'on maîtrise le mouvement et que notre oeil s'est considérablement affûté, consiste à extraire du mouvement, à figer, des instants décisifs. La rafale et la chance produisent parfois ce genre de résultat. Mais le maître mot de la compétence est la reproductibilité, il faudra nécessairement compter sur autre chose que la chance et les automatismes du reflex, un jour ou l'autre.


5. La dernière étape, et recherche permanente, nécessite une maîtrise mécanisée des étapes précédentes, une connaissance certaine de la musique, un travail en amont sur le groupe que l'on va photographier (ou un suivi régulier) : chercher à traduire en une image fixe, la singularité de la musique qui se joue, celle-la, pas une autre, les interactions multiples, une quintessence, celle de parvenir à caractériser une musique, une "synesthésie" son/couleur. C'est cette photo qui vous vaudra le compliment ultime (à mon sens) : "il ne manque que le son".


Paradoxalement, ces photos ne sont pas très populaires, moins qu'un sourire à pleines dents que l'on aurait pu saisir au supermarché du coin, moins qu'une photo "waou" et bien moins qu'un chaton ou qu'une femme partiellement nue shootée n'importe comment. Et pourtant, ce genre de photo rare est tellement plus narratif, tellement plus complexe... Mais il est vrai que pour apprécier une telle photo, faut-il posséder quelques connaissances sur la scène, en quelque sorte, on peut dire que cette photo s'adresse aux initiés.


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