top of page

Optimisation à +1,33 IL en photographie : comprendre l’exposition optimale en RAW

Photo du rédacteur: Yann Cabello
Yann Cabello
26 juil.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 sept.

Arc, flèche et cible symbolisant l'optimisation de l'exposition d'un fichier RAW
Optimiser son exposition consiste à viser juste : exploiter au maximum les capacités du système de capture sans dépasser son point de saturation.

L’optimisation… Voilà un sujet encore relativement complexe, malgré les nombreuses discussions qui existent aujourd’hui sur le web.

Le concept en lui-même n’est pas nouveau, pas plus que ne l’est la volonté de chaque photographe d’améliorer son travail.

En revanche, les méthodes ont évolué avec les technologies de capture numérique.

Pour bien comprendre cette approche, je vous renvoie vers le photographe et formateur Olivier Chauvignat qui, dans mon univers photographique, est celui qui a le plus précisément expliqué cette démarche et développé une méthode solide, bien avant que ces notions deviennent plus accessibles au grand public.

Je passerai donc volontairement sur la méthode elle-même pour m’intéresser ici à son principe.


Qu’est-ce que l’optimisation à +1,33 IL ?

L’optimisation à +1,33 IL consiste à exploiter au mieux les capacités réelles d’un système de capture afin d’enregistrer la plus grande quantité possible d’informations exploitables sans dépasser ses limites.

En photographie numérique, cela revient à exposer en utilisant au maximum le signal enregistrable tout en préservant les hautes lumières. La headroom désigne généralement la marge disponible entre une exposition de référence (mesure incidente ou mesure réfléchie calibrée sur une charte de gris 18 %) et le niveau où le système de capture atteint la saturation. Dans cette approche, +1,33 IL correspond ainsi à une estimation empirique de cette réserve.


Pourquoi optimiser son exposition ?

Chaque photon supplémentaire enregistré avant saturation contribue à augmenter le niveau du signal et permet d'exploiter davantage de niveaux de quantification. L’objectif n’est donc pas simplement d’obtenir une image plus claire, mais d’exploiter au mieux la capacité du système de capture.


+1,33 IL : une valeur physique universelle ?

Non. La quantité maximale de signal exploitable qu'un fichier RAW peut contenir avant saturation n'est pas nécessairement identique d'un appareil à l'autre. Elle dépend de plusieurs paramètres propres au système de capture, qui peuvent eux-mêmes varier :


La capacité de saturation du capteur

La full well capacity correspond à la quantité maximale de charge qu’un photosite peut accumuler avant saturation.

Elle dépend notamment :

  • de l’architecture du capteur ;

  • de la conception des photosites ;

  • des technologies de fabrication employées.


(Eric Fossum, CMOS Image Sensors: Electronic Camera-on-a-Chip, IEEE TED, 1997 ; Janesick, Scientific Charge-Coupled Devices, SPIE, 2001 ; EMVA 1288).


La chaîne électronique du boîtier

Entre la lumière captée et le fichier RAW final interviennent plusieurs étapes :

  • amplification analogique ;

  • conversion analogique-numérique ;

  • encodage des valeurs RAW ;

  • calibrations et éventuelles marges de sécurité appliquées par le constructeur.

Elle influence la relation entre la charge accumulée dans le photosite et le niveau de saturation exploitable dans le fichier.


(Adobe DNG Specification ; documentation LibRaw).


La transmission réelle de l’objectif

L’ouverture théorique d’un objectif ne correspond pas toujours exactement à la quantité de lumière transmise. Le T-stop mesure cette transmission réelle.

Ce facteur n’influence pas directement la headroom du système de capture, mais il peut modifier la valeur d’exposition nécessaire pour atteindre le niveau de signal recherché. Il reste généralement secondaire, mais peut expliquer certaines différences entre systèmes optiques.


(ISO 517:2008 ; Jay Holben, The Cine Lens Manual, Routledge/Focal Press, 2021 ; ARRI, Lens Manual).


Mais alors, +1,33 IL fonctionne ou non ?

Je ferai ici une analogie avec un article précédent : +1,33 IL est à l’exposition ce que la règle des 3 mètres est à la perspective du portrait ; c’est une valeur empirique qui fonctionne souvent. Mais il faut garder à l'esprit que chaque système de capture possède sa propre headroom, déterminée par ses caractéristiques physiques et électroniques :

  • capteur ;

  • architecture électronique du boîtier ;

  • gain ISO utilisé ;

  • calibration du RAW ;

  • éventuellement objectif.

La headroom peut donc varier d’un système de capture à l’autre. Et la valeur d'optimisation avec elle.


Ce qu’il faut retenir

  • L'optimisation à +1,33 IL est une méthode empirique fondée sur une réalité physique : plus on enregistre de lumière, donc de photons, plus le signal exploite de niveaux de quantification. Reste à savoir si ce gain à l'échelle du capteur se traduit réellement par un gain significatif dans un flux de développement courant ; test ici.

  • +1,33 IL n'est pas une valeur physique universelle : la marge disponible avant saturation dépend nécessairement du système de capture dans son ensemble : capteur, chaîne électronique et, dans une moindre mesure, transmission réelle de l'objectif.

  • Comprendre ces mécanismes permet d'utiliser cette méthode comme une méthode pratique de terrain, tout en sachant qu'il est préférable de définir la valeur réelle de la headroom du système de capture utilisé.


Dépassez les automatismes et comprenez votre appareil photo

L’exposition ne se résume pas à choisir une valeur de lumière correcte. Elle consiste à comprendre comment votre appareil capture l’information et comment préserver le maximum de potentiel dans vos fichiers.

Découvrez mes formations en photographie pour développer une approche plus maîtrisée, technique et artistique de la prise de vue.

Commentaires


bottom of page