• Yann Cabello

Parapluie réflecteur VS Octabox (3)

Mis à jour : 29 août 2019

Dans cet article, j’ai confronté un parapluie réflecteur silver (« deep » 85 cm) et une octabox (80 cm) afin de torde le cou à cette croyance commune qu’un « parapluie arrose partout » ou qu’une softbox est plus directionnelle qu’un parapluie.


Note

L’octabox testée est de type « réflecteur » ; c'est-à-dire que le flash est pointé vers l’arrière du modeleur, non pas vers le sujet. Pourquoi ? En ce qui concerne les softbox communes, afin de réduire le point chaud (hot point), on trouve 2 voiles de diffusion, un interne et un externe. Je trouve que la perte de rendement est plutôt pénible, d’autant plus lorsque l’on travaille au cobra. Une softbox, quelle que soit sa forme, de type « réflecteur », n’a absolument aucun problème de point chaud, une toile externe de diffusion suffit.


Conditions d'observations

Pour les 2 modeleurs, j’ai fait en sorte de réduire le spill au maximum et d’optimiser l’illumination :

- parapluie pluie deep 85 cm : bol réflecteur 120° ;

- octabox 80 cm de type réflecteur : diffuseur sto-fen sur la tête du cobra afin de maximiser l’illumination, la perte de rendement liée au sto-fen est globalement insignifiante. Le sto-fen n’est pas vraiment nécessaire étant donné la présence de la toile de diffusion externe, mais pour pousser à fond l‘observation, j’en ai utilisé un.


Observations

octabox 80 cm de type "réflecteur" - face

octabox 80 cm de type "réflecteur" - profil

octabox 80 cm de type "réflecteur" + grille - face

octabox 80 cm de type "réflecteur" + grille - profil

Deep silver 85 cm - face

Deep silver 85 cm - profil

Conclusions


Le rendement

Le gagnant : le parapluie réflecteur deep silver évidemment, n'ayant pas de toile de diffusion.


La focalisation

Le perdant, et de loin, l'octabox, même avec une grille nid d'abeille. Oui vous avez bien lu, le parapluie réflecteur deep silver fait mieux. Et non, un parapluie réflecteur deep silver n’arrose pas partout si on sait :

1. choisir le bon diamètre (adapté à ses besoins du moment) ;

2. gérer le spill ;

3. gérer la focalisation ;

4. gérer le fall-off (chute de lumière)*.


Illumination, homogénéité

Sur la photo du parapluie, on peut constater un fall-off brutal (vous pouvez améliorer les choses, voir note de bas de page) et quelques ombres en roue de vélo en périphérie. Sur la photo de l'octabox (avec ou sans grille), on constate une lumière homogène, une belle gradation des hautes lumières vers les ombres, mais cela est le simple fait de la toile de diffusion. Rien ne vous empêche de recouvrir votre parapluie avec une toile de diffusion dédiée pour un effet très similaire à celui de l'octabox, pour un total 2 à 3 fois moins cher qu'une octabox. N'en déplaise aux vendeurs, après tout, ce ne sont pas eux qui font les photos.


Alors, parapluie réflecteur silver ou Octabox ?

Meilleur rendement, meilleure focalisation, moins cher, plus pratique et rapide au montage, possibilité d'ajouter une toile de diffusion pour une meilleure homogénéité et gradation... Honnêtement, et plus généralement, je cherche encore l'intérêt de préférer une softbox à un parapluie réflecteur silver décent, si ce n'est l'intérêt évident de la forme de certaines softbox (strip box...).


Pour faire court, un parapluie réflecteur silver décent permet d'obtenir 2 types de lumière :

1. type bol réflecteur géant (sans la toile de diffusion), très "directionnel" et spéculaire ;

2. type softbox (avec la toile de diffusion mais sans la grille nid d'abeille).


Le tout avec un excellent rendement, sans soucis de "hot point" et à moindre frais. Sans parler de la praticité du parapluie.


Oui mais...

Les considérations techniques et « physiques » ne sont pas les seules à prendre en compte dans le choix d’un modeleur ; en effet, pour le photographe aguerri, il peut y avoir un aspect plus essentiel : le rendu, ou la qualité de la lumière produit par un modeleur plutôt que par un autre, qu’il soit un parapluie, une softbox ou un bol… peu importe. Mais ici, seule la pratique et les attentes personnelles peuvent être un guide.


La qualité de la lumière, le « rendu », devrait même être la première des préoccupations car si vous faites, par exemple, de la photo d’athlètes dans leur pratique (qui suggère du modelé et un rendu accutant) avec une qualité de lumière qui collerait mieux à un portrait d’enfant, votre photo, même si elle est très jolie, sera probablement à côté de votre sujet.


Pour ma part, je raisonne dans l’ordre suivant :

1. Morphologie du sujet -> set de lumière

2. Thème du sujet -> qualité de la lumière

3. Ajustements « techniques » -> rendement, focalisation, fall-off et gestion de la dureté de la lumière.


*Le fall-off sera plus brutal si j’approche mon parapluie du sujet, les ombres seront également moins dures puisque la taille de la source de lumière sera plus grande du point de vue du sujet. Le fall-off sera moins brutal si j’éloigne mon parapluie du sujet, mais les ombres seront plus dures, puisque la taille de la source de lumière est plus petite du point de vue du sujet.


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