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Optimisation du fichier Raw à 100 ISO

  • Photo du rédacteur: Yann Cabello
    Yann Cabello
  • il y a 21 minutes
  • 3 min de lecture

Pour poursuivre ces essais, j'ai reproduit la comparaison à 100 ISO afin d'évaluer le comportement des deux fichiers au développement. Le protocole est rigoureusement identique à celui présenté dans l'article précédent, je vous invite à le lire en premier : article.


Réglages Camera Raw et observations


Exposition : +1,50

  • pas de différence notable, un premier écrêtage sur le patch blanc de la Color Checker Classic pour le fichier optimisé.


Contraste : +100 / -100

  • pas de différence notable.


Tons clairs : +100

  • fichier optimisé : écrêtage sur le patch blanc de la Color Checker Classic, un micro-contraste à peine plus affirmé dans les hautes valeurs.

  • fichier non-optimisé : pas d'écrêtage.

  • la distribution tonale varie à peine, les plus hautes valeurs sont légèrement plus proches de la saturation pour le fichier optimisé (écrêtage).


Pour une valeur de -100, tout est identique.


Blancs :

  • L'apparition de l'écrêtage du premier canal dans l'histogramme Camera Raw survient à +17 pour le fichier optimisé et à +29 pour le fichier non optimisé. Le phénomène a déjà été expliqué dans l'article précédent.

  • à -100, on observe une variation de la distribution tonale, un micro-contraste mieux préservé dans les hautes valeurs pour le ficher optimisé. C'est perceptible à partir de -10 , mais rien que l'on ne puisse compenser visuellement sur le fichier non-optimisé.


Curseur Tons foncés : +100

  • Récupération des ombres : quasi identique.

  • Curseur à -100 : quasi identique.

  • + ou - 100 : delta insignifiant sur la charte Color Checker Classic (patchs couleurs et niveaux de gris).


Noirs : +100

  • La distribution tonale évolue légèrement, sans différence visuelle notable ni écart colorimétrique significatif. Les valeurs intermédiaires du fichier optimisé apparaissent plus sombres de quelques unités.

  • Curseur à -100 : La distribution tonale varie : les valeurs les plus sombres sont compressées sur le fichier non optimisé. Les patchs les plus denses de la ColorChecker deviennent également plus sombres. Les mesures Lab montrent que cette évolution affecte principalement la composante L* (luminance), tandis que les composantes a* et b* ne varient que de quelques unités. Dans ces conditions, il ne me paraît pas justifié de parler de dérive colorimétrique.


    Note : dans le cadre d'un réglage moins extrême, le rendu comparable est obtenu autour de -17 pour le fichier non optimisé, contre -20 pour le fichier optimisé, ou encore autour de -46 contre -50 lorsque le réglage est davantage poussé.


Clarté : +100

  • Aucune différence notable, le fichier optimisé affiche un premier écrêtage. Les couleurs sont stables.


Mesures colorimétriques avec une ColorChecker Classic

Les mesures suivantes permettent de confronter les observations visuelles aux données colorimétriques. Le fichier optimisé est ramené à la même luminosité que le fichier non optimisé (explication donnée dans l'article précédent), les valeurs exprimées dans un cadre gris foncé correspondent au fichier non optimisé, celles dans le cadre gris clair, au fichier optimisé. Cliquez pour agrandir :


Comparaison des valeurs Lab mesurées sur les 24 patchs d'une ColorChecker Classic entre un fichier RAW optimisé et un fichier RAW non optimisé.

Lors du test qui évalue le comportement des fichiers durant le développement, les mesures Lab montrent que les écarts observés concernent principalement la composante L* (luminance), quelques variations ponctuelles apparaissent également sur les composantes a* et b*, mais elles restent faibles au regard de la variation globale et ne traduisent pas une dérive colorimétrique significative. Les éventuelles différences perceptibles proviennent principalement des variations de luminance, et non d’un changement de couleur.


Quel bénéfice réel à 100 ISO ?

Dans les conditions de ce test (100 ISO, développement dans Camera Raw, système de capture donné), les différences observées entre le fichier optimisé et le fichier non optimisé demeurent faibles.


Elles concernent principalement l'évolution de la distribution des valeurs tonales lors de l'utilisation des curseurs Noirs et Blancs. Les curseurs Blancs et Tons clairs mettent également en évidence un seuil d'écrêtage différent entre les deux fichiers, celui-ci étant atteint plus tardivement avec le fichier non optimisé.


Les mesures réalisées sur la ColorChecker Classic ne mettent pas en évidence de différence colorimétrique significative. Les écarts observés concernent principalement la luminance (L*) : les composantes chromatiques (a*, b*) restent globalement stables, avec des variations de quelques unités tout au plus.


Concrètement, faut-il alors optimiser l'exposition à 100 ISO ?

Ce test ne permet pas d'établir une réponse universelle. Dans les conditions observées, le gain apporté par l'optimisation reste très discret dans un développement courant. Son intérêt apparaît davantage lorsque le fichier est fortement sollicité par des réglages extrêmes.


L'optimisation de l'exposition à 100 ISO ne transforme pas nécessairement de manière visible le rendu final dans un développement courant, mais elle peut préserver une latitude supplémentaire dans les zones tonales les plus sollicitées.

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