• Yann Cabello

Notions fondamentales (5) : Diriger la lumière

Photographe à Clermont-Ferrand 63, formation en photographie et ateliers, ma prestation ici.


On entend et on lit souvent « source de lumière directionnelle ». En quelque sorte, il s’agit d’une redondance ; qu’elle soit uni-, multi- ou omni-, la lumière est directionnelle. Lorsque l’on parle de « lumière directionnelle », il faut probablement comprendre que la pensée exprimée par cette expression impropre et pourtant consacrée signifie « lumière unidirectionnelle ». Pour produire une telle lumière, les possibilités sont comptées. Afin de bien saisir les enjeux, il faut distinguer l’aspect directionnel d’une réflexion/transmission de l’acte qui consiste à canaliser la lumière, à en bloquer la propagation sous certains angles. C’est en jouant sur ces deux aspects que le photographe sculpte la lumière en lui attribuant les caractéristiques qu’il désire, autant que faire se peut.


DIRIGER LA LUMIÈRE

1. Dans le scénario où le photographe désire une source de lumière unidirectionnelle, contrastée et saturée, voici les possibilités qui s'offrent à lui :

Ces modeleurs ne sont pas donnés mais leur polyvalence est sans égale ; en plus de pouvoir produire une lumière unidirectionnelle (en position focalisée) ils ont aussi la possibilité de produire une lumière diffuse (en position défocalisée). Je renouvelle ici la mise en garde : les softbox et parapluies "deep" ne sont pas paraboliques : ils sont profonds, ce qui canalise la propagation de la lumière.


2. Dans le scénario où le photographe désire une source de lumière diffuse, multidirectionnelle au modelé subtil, voici les possibilités qui s'offrent à lui :

En réflexion

Si l'on opte pour une surface métallisée, le rendement et le contraste augmenteront, la diffusion sera moindre, le risque de reflets et de points chauds plus important. A l'inverse, si l'on ajoute une toile de diffusion, le rendement et le contraste diminueront, et selon le facteur de transmission (Y%) de la toile, la lumière sera plus ou moins multidirectionnelle. Plus Y% est faible, moins la forme du modeleur n'a d'importance ; ainsi une toile de diffusion avec un faible facteur de transmission sur un parapluie profond, plat ou même sur un bol beauté a tendance à produire la même lumière.


En transmission

Il existe tout sorte de formes et de tailles de softbox, certaines possèdent même une surface matte plutôt que métallisée. Nous avons vu au préalable toutes les raisons susceptibles d'en choisir une plutôt qu'une autre. Dans tous les cas, la lumière produite dépend au moins autant du facteur de transmission des toiles que de la taille/forme du modeleur et nous avons généralement très peu d'informations à ce sujet... Quoiqu'il en soit, le raisonnement concernant Y% vu au paragraphe précédent s'applique strictement aussi ici.


En ce qui concerne la création d'une lumière diffuse, je recommande une nouvelle fois les filtres Lee + flash + bol réflecteur + barndoors (modeleur polyvalent) en raison de la grande polyvalence et du rapport qualité/prix imbattable.


Cet article n'a pas pour but de passer en revue tous les modeleurs existants, ceci dit, nous avons vu tous les concepts qui permettent de comprendre l'intérêt et la fonction de l'un ou l'autre.



CANALISER LA LUMIÈRE

Canaliser la lumière consiste à bloquer sa propagation sous certains angles, ce qui est un levier très intéressant car il permet par exemple de conserver une qualité de lumière diffuse tout en limitant la propagation propre à cette lumière : nous savons que la lumière diffuse est plus ou moins multidirectionnelle, autrement dit, elle part un peu partout, ce qui présente un problème certain si l'on photographie dans un lieu où les murs, sol et plafond sont proches ; ces surfaces vont renvoyer la lumière vers notre sujet (voir article Matière), l'éclairer de façon indésirable, et pour peu qu'elles soient colorées, apporter une contamination, une couleur.

Afin de canaliser la lumière donc, nous disposons d'outils tels que les drapeaux (un panneau à la surface absorbante) de toute taille, selon les besoins. Inutile de dépenser des sommes astronomiques, un textile suffisamment épais et noir ou n'importe quelle surface noire et matte font parfaitement l'affaire (du carton plume noir pour les prises de vue de petits objets...). Le black foil (feuille d'aluminium noire matte) est une solution très modulable et vendue en rouleau à un prix abordable. Il est également envisageable de peindre les murs de son studio en noir s'ils sont proches les uns des autres.


Il existe également des outils qui se mettent directement sur le modeleur ; nous avons déjà vu les barndoors (un coupe-flux ajustable qui se met sur un bol), pour les softbox et les bols réflecteurs, il y a les grilles nid d'abeille plus ou moins resserrées (qui bloquent la propagation à un angle plus ou moins étroit).


Tout naturellement, et dans un dernier article d'optique géométrique simple appliquée à la photographie, nous allons aborder le phénomène de réflexion, non plus du point de vue du modeleur, mais de celui du sujet et des surfaces environnantes ;



PROCHAIN ARTICLE

La matière, surface réfléchissante.



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